Les tensions qui s'accumulent dans la nuque, les épaules ou la mâchoire viennent souvent d'un stress qui dure et d'émotions qu'on retient. Sous l'effet du stress, le tonus musculaire augmente et le temps de récupération s'allonge, explique l'INRS. Retenir une émotion, de son côté, n'en diminue pas l'intensité. Les libérer passe par trois choses : reconnaître ce qu'on ressent, lui donner une sortie, et aider le corps à relâcher. Mais par où commencer quand on ne sait même plus depuis quand on est tendu ?
Stress et tensions : ce que disent les chiffres
Le phénomène dépasse largement quelques épaules raides. Selon le baromètre Empreinte Humaine réalisé par Ipsos BVA et publié en juin 2026, 50 % des salariés présentent au moins un signe de détresse psychologique, contre 47 % fin 2025. Près d'un tiers (32 %) sont en risque de burn-out, dont 11 % en risque sévère.
Et le corps suit. L'INRS, l'organisme de référence sur la santé au travail, cite les douleurs musculaires et articulaires parmi les symptômes physiques du stress. Pourtant, on finit souvent par trouver ces tensions « normales » : normal d'avoir mal aux cervicales, normal d'être fatigué en permanence. Elles font partie du décor au point qu'on ne les remarque plus.
Bon stress, mauvais stress : eustress et distress
Tout stress n'est pas mauvais. Le médecin Hans Selye, pionnier de la recherche sur le stress, a popularisé dans les années 1970 la distinction entre l'eustress, un stress « agréable ou curatif », et le distress, un stress « désagréable ou pathogène », notamment dans son livre Stress Without Distress (1974), comme le rappelle l'Encyclopédie canadienne. Le préfixe « eu » signifie « bon » en grec, précise l'American Psychological Association.
L'eustress, c'est la petite montée d'énergie avant un défi qui nous motive : un entretien, une compétition, un projet qui nous tient à cœur. Le distress, c'est la pression qu'on subit, qui dure et qui épuise. La frontière dépend beaucoup de la façon dont on vit la situation, et de sa durée. Certains chercheurs jugent d'ailleurs la distinction trop simple : un article publié en 2020 dans BioEssays soutient que, sur le plan biologique, il s'agit de la même réponse. Pour la vie de tous les jours, elle reste une boussole utile.
Du stress ponctuel à l'épuisement
Face à une pression, le corps réagit selon trois phases décrites par Selye dès 1936, que reprend l'INRS : l'alarme, la résistance, et éventuellement l'épuisement. Lors de l'alarme, le cœur s'accélère et les muscles se tendent pour faire face. Si la situation se prolonge, l'organisme entre en résistance : il tient, mais les tensions s'installent, souvent dans les épaules, la nuque ou le dos. Si rien ne change, il finit par s'épuiser.
J'ai détaillé ces trois phases, et la différence entre stress aigu et stress chronique, dans l'article sur la gestion du stress au quotidien. Ici, je voudrais m'arrêter sur ce qui se passe dans le corps, et sur le rôle des émotions qu'on garde pour soi.
Pourquoi les tensions s'installent dans le corps
L'INRS décrit précisément l'effet du stress sur les muscles : le tonus musculaire s'accroît, le temps de récupération s'allonge, et le stress amplifie la perception de la douleur. Un muscle qui reste un peu contracté toute la journée, jour après jour, finit par se faire sentir.
La recherche confirme ce lien pour la nuque et les épaules. Une revue de 18 études longitudinales publiée en 2013 a trouvé un niveau de preuve fort entre les douleurs de cette zone et une forte charge de travail, peu de marge de manœuvre et un faible soutien, même si les auteurs restent prudents sur la causalité. Côté mâchoire, une méta-analyse de 2020 observe que les personnes stressées ont environ deux fois plus de chances de grincer des dents, avec un niveau de certitude encore faible.
Émotions refoulées ou retenues : ce que dit la recherche
On parle souvent d'« émotions refoulées ». En psychologie, le mot désigne un mécanisme inconscient, difficile à étudier. Ce qui a été beaucoup étudié, en revanche, c'est la suppression : le fait de ne pas laisser paraître une émotion qu'on ressent, de serrer les dents et de faire bonne figure.
Les travaux du psychologue James Gross, de l'université Stanford, apportent des éléments concrets. Masquer une émotion ne réduit pas ce qu'on ressent, et cela gêne même la mémoire de la situation, selon une étude de 2002. La suppression s'accompagne aussi de signes d'activation du système nerveux sympathique, celui de l'alerte, d'après une étude plus ancienne. Et sur cinq études, les personnes qui ont l'habitude de réprimer leurs émotions déclarent en moyenne moins de bien-être.
Autrement dit, une émotion qu'on retient ne disparaît pas. Elle reste active, et le corps continue de la porter. La colère et la peur, en particulier, sont souvent des émotions qu'on apprend très tôt à contenir, par peur du jugement ou pour ne pas déranger. C'est souvent là, dans une nuque qui ne se relâche plus ou une mâchoire serrée au réveil, qu'elle finit par se faire entendre.
Besoin d'un espace pour souffler ?
Je vous accueille au cabinet de Roquebrune-Cap-Martin, entre Menton et Monaco, pour accompagner ce que le stress a laissé dans le corps. Sur rendez-vous uniquement.
Prendre rendez-vousComment libérer les tensions au quotidien
Il n'existe pas de bouton « relâcher ». Mais quelques gestes simples aident à ne pas laisser les tensions s'empiler :
1. Mettre un mot sur ce qu'on ressent
« Je suis en colère », « j'ai peur de ne pas y arriver », « je suis triste ». Dire l'émotion, même seul(e), même à voix basse, aide souvent à la regarder autrement que comme une boule informe dans le ventre.
2. Donner une sortie à l'émotion
Écrire quelques lignes le soir, en parler à quelqu'un de confiance, marcher d'un bon pas, chanter dans la voiture. L'idée n'est pas de tout déballer, mais de ne pas tout garder.
3. Remettre le corps en mouvement
Rouler les épaules, desserrer la mâchoire, étirer la nuque quelques secondes plusieurs fois par jour. Ces micro-pauses rappellent au corps qu'il a le droit de se relâcher.
4. Respirer plus lentement
Quelques minutes de respiration lente, en allongeant l'expiration, aident souvent à retrouver un peu de calme. C'est un réflexe simple à glisser dans une journée chargée.
Si les tensions s'accompagnent de douleurs qui persistent, de troubles du sommeil depuis plusieurs semaines ou d'un épuisement qui ne passe pas, consultez votre médecin : il est le seul à pouvoir écarter une cause physique ou repérer un burn-out.
Ce que la kinésiologie peut apporter
C'est précisément sur ce terrain que la kinésiologie peut accompagner. Le test musculaire aide à repérer où et comment le stress semble s'être logé, puis des équilibrations douces (points d'acupression, mouvements, respiration) aident le corps à relâcher à cet endroit. L'idée n'est pas de supprimer le stress par magie, mais d'aider le corps et l'esprit à retrouver un peu plus de souplesse et de recul face à ce qui pèse.
Chaque séance est différente parce que chaque histoire l'est. Certaines personnes viennent pour une tension précise, d'autres pour une sensation diffuse de « trop-plein ». Les consultants rapportent souvent une impression de légèreté en sortant. Je ne la présente pas comme un résultat garanti : la kinésiologie n'a pas fait la preuve de son efficacité au sens scientifique, comme je l'explique dans la définition de la kinésiologie. Elle offre un espace pour souffler, ce qui compte quand on n'en a plus.
Comment se déroule une séance « tensions » au cabinet ?
On commence par un temps d'échange sur ce qui pèse : depuis quand, dans quelles situations, où vous le sentez dans le corps. Ensemble, nous posons un objectif pour la séance. Le test musculaire guide ensuite vers les stress liés à cet objectif, et je choisis avec vous les équilibrations adaptées.
On termine par un retour sur ce qui a été travaillé, souvent avec un ou deux exercices à refaire chez vous. Une séance dure environ une heure, et tout se fait à votre rythme, sans jugement. Le déroulé complet est détaillé dans l'article sur la première séance, et la méthode sur la page kinésiologie.
Questions fréquentes
Quels sont les symptômes d'une émotion refoulée ?
Il n'existe pas de liste médicale. Les personnes décrivent souvent des tensions qui reviennent (nuque, épaules, mâchoire), une boule au ventre dans certaines situations, une irritabilité ou une fatigue sans raison apparente. Ces signes peuvent aussi avoir une cause physique : parlez-en d'abord à votre médecin.
Quelle est la différence entre eustress et distress ?
L'eustress est un stress stimulant, qui mobilise l'énergie face à un défi choisi. Le distress est une pression subie, qui dure et qui épuise. Hans Selye a popularisé cette distinction dans les années 1970, même si certains chercheurs la jugent aujourd'hui trop simple.
Garder ses émotions pour soi est-il mauvais pour la santé ?
Les études de James Gross montrent que masquer une émotion ne réduit pas ce qu'on ressent et s'accompagne d'une activation physiologique, et que l'habitude de réprimer ses émotions est associée à moins de bien-être. Cela ne veut pas dire qu'il faut tout exprimer à tout le monde, mais qu'il est utile de ne pas tout garder.
La kinésiologie peut-elle remplacer un suivi en cas de burn-out ?
Non. Un burn-out ou un épuisement important relève d'abord d'un médecin, et souvent d'un psychologue. La kinésiologie peut accompagner ce suivi, en complément, au cabinet de Roquebrune-Cap-Martin, entre Menton et Monaco.
Si vous sentez que le stress s'accumule depuis un moment et que vous avez besoin d'un espace pour souffler, prenez rendez-vous au cabinet de Roquebrune-Cap-Martin.
Bon à savoir
La kinésiologie est une pratique d'accompagnement du bien-être, dite non conventionnelle. Elle ne pose aucun diagnostic, ne remplace ni un avis ni un suivi médical ou psychologique, et ne propose aucun traitement. En cas de problème de santé, votre médecin reste votre premier interlocuteur.
Sources : Pourquoi Docteur — Baromètre Empreinte Humaine / Ipsos BVA sur la santé mentale des salariés (2026) · INRS — Stress au travail : effets sur la santé (2023) · INRS — Troubles musculosquelettiques : facteurs de risque (2025) · L'Encyclopédie canadienne — Hans Selye · American Psychological Association — Distress vs Eustress (2023) · BioEssays — Eustress and Distress: Neither Good Nor Bad, but Rather the Same? (2020) · Kraatz et al., Int Arch Occup Environ Health — The incremental effect of psychosocial workplace factors on the development of neck and shoulder disorders (2013) · Chemelo et al., Frontiers in Neurology — Is there association between stress and bruxism? (2020) · Gross, Psychophysiology — Emotion regulation: affective, cognitive, and social consequences (2002) · Gross & Levenson, JPSP — Emotional suppression: physiology, self-report, and expressive behavior (1993) · Gross & John, JPSP — Individual differences in two emotion regulation processes (2003)

